Grande plaque Ema représentant un cheval, époque Edo

€3.600,00 EUR
Taxe inclu. expédition calculé à la caisse.

Description

Japon – Époque Edo, début XVIIe siècle (ère Genna 元和, lecture partielle)

Ema (絵馬) ancien : cheval harnaché, peinture sur bois

Cette plaquette votive appartient à la tradition des ema (絵馬), littéralement « cheval peint ». Dans le Japon pré-moderne, le cheval est un animal de prestige, associé aux sanctuaires shintō comme monture des divinités et comme médiateur symbolique entre le fidèle et le monde des kami. L’ema prolonge une pratique ancienne : offrir un cheval – ou son équivalent peint – pour formuler une demande, remercier d’une protection, ou déposer un vœu. Ces images étaient suspendues dans les bâtiments de culte, parfois dans des pavillons dédiés, et participaient à un paysage visuel collectif où l’acte de don était publiquement visible.

La peinture représente un cheval harnaché, retenu par une longe, cabré, la tête tournée vers l’arrière. La composition est simple et puissante : silhouette nerveuse, traitement en lavis et rehauts discrets, et présence très expressive du support, dont le fil du bois reste perceptible. La forme du panneau est caractéristique : une base rectangulaire et un sommet légèrement « en chapeau », un profil fréquent sur les grands ema anciens, souvent autrefois encadrés ou montés pour l’accrochage au sanctuaire.

Un détail retient l’attention : le large tissu noué sous le ventre du cheval. Ce motif renvoie à des usages décrits dans les sources anciennes et repris par l’histoire de l’harnachement japonais : une bande ventrale pouvait contribuer à maintenir l’animal debout, et, plus largement, ces textiles appartiennent à la parure textile du cheval, complément visible du harnachement. Dans l’image votive, cet élément a aussi une valeur symbolique : il « présente » le cheval comme un don, comme un objet offert et préparé, renforçant la dimension de cadeau et de dédicace propre aux ema.

Sur le bord gauche, l’inscription verticale est aujourd’hui très usée, mais son début est lisible : on distingue la mention de l’ère Genna (元和, lecture partielle), ce qui oriente vers un objet du tout début de l’époque Edo. La conservation du panneau – usure de surface, lacunes anciennes, attaques du bois et patine générale – est cohérente avec une œuvre destinée à être exposée dans un contexte de culte, plus qu’avec une peinture conçue pour un intérieur privé.

Comme il s’agit d’images votives, ces plaques étaient rarement signées : l’intention première n’était pas l’affirmation d’un auteur, mais l’efficacité du don et la lisibilité de l’offrande. Cela n’exclut pas des commandes prestigieuses. On connaît notamment deux grands ema de chevaux peints par Kanō Sanraku (狩野山楽), conservés au sanctuaire Kaizu Tenjin (préfecture de Shiga) et datés de 1625. Ces exemples rappellent que le genre pouvait, dans certains contextes, mobiliser des peintres de tout premier plan.

Objet rare et immédiatement lisible, cet ema réunit ce que recherchent décorateurs et collectionneurs : une présence graphique forte, un support ancien authentique, et un contenu culturel dense – entre histoire des sanctuaires, art populaire savant, et symbolique du don au Japon.

Dimensions de la plaque : 31,7 × 44,4 cm (H × L)
Hauteur totale avec socle : 42,8 cm

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Grande plaque Ema représentant un cheval, époque Edo

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