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Ensemble de fumeur japonais en bois naturel noueux, tonkotsu, kiseruzutsu et ojime, Japon, fin Edo ou Meiji, XIXe siècle
Description
Ensemble de fumeur japonais en bois naturel noueux
Tonkotsu, kiseruzutsu et ojime
Japon, fin de l’époque Edo ou époque Meiji, XIXe siècle.
Ensemble de fumeur composé d’un tonkotsu, boîte à tabac, d’un kiseruzutsu, étui à pipe, et d’un ojime en bois. Les trois éléments sont réalisés dans un bois naturel noueux, possiblement keyaki ou mûrier, travaillé en suivant les accidents de la racine. La matière n’a pas été régularisée ni contrainte dans une forme lisse : les veines, torsions, nœuds, creux et reliefs du bois constituent le décor principal.
Le tonkotsu adopte une forme compacte, presque organique, avec un couvercle intégré dans le mouvement du bois. Sa surface présente des reliefs tourmentés, des stries profondes et des zones polies par l’usage. Le bois brun rouge, très tactile, conserve une forte présence naturelle. L’objet tient à la fois de la boîte, du fragment de racine et de la petite sculpture.
Le kiseruzutsu, long et légèrement courbe, accompagne cette même logique. Il ressemble davantage à une branche ou à un éclat de bois qu’à un étui façonné de manière régulière. L’artisan a utilisé la courbure naturelle du matériau pour créer une forme fonctionnelle destinée à recevoir la pipe kiseru. L’ojime, également en bois, resserre le cordon et maintient l’unité de l’ensemble.
Ce type d’objet appartient à la famille des sagemono, accessoires suspendus à l’obi du kimono. Dans le Japon d’Edo et de Meiji, les objets liés au tabac deviennent des objets personnels, visibles, manipulés, portés sur soi. Leur fonction est pratique, mais leur apparence exprime aussi un goût, une position sociale, parfois une culture lettrée ou volontairement rustique.
L’intérêt de cet ensemble vient précisément de son caractère naturel. Il relève du goût japonais pour les formes trouvées, les matières irrégulières et les objets dans lesquels l’intervention humaine reste discrète. On peut le rapprocher du mitate, cette capacité à reconnaître une forme ou une présence dans un matériau existant, ainsi que d’un goût proche du sencha, où les bois noueux, racines, bambous irréguliers et pierres étranges occupent une place importante.
La pièce se distingue des ensembles de fumeur plus décoratifs, sculptés de motifs figuratifs ou laqués. Ici, le décor est la matière elle-même. L’artisan a transformé un fragment de bois tortueux en objet d’usage, sans effacer son origine naturelle. Cette économie de geste donne à l’ensemble une force presque moderne, à la limite du brutalisme, tout en restant profondément ancré dans la culture matérielle japonaise.
Dimensions :
Tonkotsu : hauteur 8,2 cm ; largeur 8 cm ; épaisseur 5,7 cm.
Kiseruzutsu : longueur totale 22 cm ; largeur 3,8 cm.