Suivant vos coordonnées, nous vous enverrons un devis de transport.
Grand coffre de transport japonais en laque noire aux kamon Mōri, époque Edo, fin XVIIIe – début XIXe siècle
Description
Grand coffre de transport japonais en laque noire aux kamon Mōri, époque Edo, fin XVIIIe – début XIXe siècle
Grand coffre de transport japonais en laque noire, orné d’un semis régulier de kamon Nagato omodaka en laque or, emblème héraldique associé à la famille Mōri de Hagi. Les arêtes sont soulignées de larges chanfreins en laque or, tandis que les angles, les bordures et les parties d’ouverture sont garnis de ferrures en bronze doré finement gravées. Ces ferrures présentent un décor de volutes, mais aussi le mon lui-même, répété jusque dans la monture métallique, ce qui constitue un signe de qualité particulièrement remarquable. Le contraste du noir et de l’or, la puissance très simple de la forme et la répétition insistante du décor héraldique donnent à l’ensemble une présence d’une grande noblesse.
Par sa typologie, ce coffre appartient au groupe des grands coffres de transport de l’époque Edo, désignés sous le nom de nagamochi. Ces coffres étaient destinés au déplacement d’effets précieux, de vêtements, de textiles ou de documents au sein des maisons aristocratiques et seigneuriales. Dans le Japon des daimyō, ils accompagnaient les voyages officiels, les changements de résidence et les processions, où ils relevaient tout autant de l’usage que de la représentation du rang. Un exemplaire portant de manière aussi affirmée le Nagato omodaka se rattache clairement à l’univers matériel d’une grande maison guerrière.
La famille Mōri compte parmi les plus puissantes lignées seigneuriales du Japon. Sa fortune politique s’affirme au XVIe siècle avec Mōri Motonari, figure majeure de l’époque Sengoku. Après la bataille de Sekigahara, la maison Mōri perd une part importante de ses possessions mais conserve un rang considérable en se repliant sur le domaine de Chōshū, centré sur Nagato et Suō, avec Hagi pour ville castrale. Hagi demeure pendant plus de deux siècles le centre du pouvoir des Mōri, et l’ancienne ville castrale en conserve encore aujourd’hui une part essentielle de la mémoire historique.
Le motif d’omodaka, plante aquatique dont la feuille recourbée est devenue un important motif héraldique, est bien lié à la tradition des Mōri. Le Nagato omodaka renvoie plus précisément à la branche de Hagi, c’est-à-dire au cadre politique de Chōshū à l’époque Edo. La famille Mōri existe encore au-delà de l’époque féodale, au moins comme lignée historique prolongée dans le Japon moderne, devenue patrimoniale après la disparition de son rôle politique.
La datation dans la deuxième moitié de l’époque Edo, entre la fin du XVIIIe siècle et le début du XIXe siècle, paraît plus juste pour ce coffre. Elle s’accorde avec une phase où la culture matérielle des grandes maisons seigneuriales atteint un degré de raffinement élevé, perceptible ici dans la répétition du kamon, dans l’équilibre du décor noir et or et dans la qualité exceptionnelle des ferrures gravées.
Ce coffre constitue ainsi un témoignage rare de la culture matérielle du pouvoir à l’époque Edo, où le mobilier de transport associait fonction, prestige et affirmation lignagère. Le semis de kamon, la monumentalité contenue de la forme et la qualité du décor en font un objet qui dépasse largement le simple usage domestique pour rejoindre le registre de la représentation seigneuriale.
La house de protection d’origine, en feutre rouge orné du même ka-mon en cordelette brodée sur fond blanc, malheureusement en mauvais état, est cependant conservé dans un coffret indépendant, laqué rouge et conservé à l’intérieur.
Dimensions : largeur 85,5 cm ; profondeur 38 cm ; hauteur 31,5 cm.