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Itō Kōshō 伊藤公象 (1932-2024), vase ovoïde à surface argentée craquelée, Japon, XXe siècle
Description
Itō Kōshō 伊藤公象 (1932-2024), vase ovoïde à surface argentée craquelée, Japon, XXe siècle
Vase de forme ovoïde, reposant sur une base légèrement triangulaire, avec un col court et resserré. La forme est sobre, mais la surface lui donne toute sa singularité. Elle est couverte d’un réseau dense de craquelures, de plis et de retraits qui évoquent une matière saisie dans un état de contraction. L’aspect gris argenté, métallique, éloigne cette œuvre de l’idée d’une simple glaçure décorative. La surface paraît née d’un phénomène physique, comme une peau minérale ou gelée. Le vase est accompagné de son tomobako inscrit et signé.
Cette pièce est très représentative des recherches d’Itō Kōshō sur les transformations de la terre. Les sources muséales japonaises rappellent qu’il a intégré à son travail le gel, le retrait, la fissuration et la contraction de la matière, non comme des accidents, mais comme le principe même de la création. Son œuvre se situe ainsi à la frontière de la céramique et de la sculpture.
Itō Kōshō a réalisé de très nombreuses œuvres de grand format, ainsi que d’importantes installations. Ce vase est donc particulièrement intéressant parce qu’il concentre, dans un volume réduit et fermé, des recherches que l’on associe souvent chez lui à des pièces monumentales ou à des ensembles sculpturaux. Ici, la forme du vase subsiste, mais le vrai sujet devient la surface, avec ses tensions, ses craquelures et ses effets de matière.
Né en 1932 à Kanazawa, Itō Kōshō est l’un des grands pionniers de la sculpture céramique japonaise de l’après-guerre. Il fut formé très jeune auprès de Nakamura Suikō, développa ensuite un langage très personnel centré sur les réactions physiques de la terre, et mena une carrière internationale, marquée notamment par une médaille d’or à la Triennale de l’Inde en 1978 et par sa participation à la Biennale de Venise en 1984. Il est mort en 2024.
Ses œuvres sont conservées dans plusieurs collections publiques importantes au Japon, notamment au Tochigi Prefectural Museum of Fine Arts, au Museum of Contemporary Art Tokyo, au Utsunomiya Museum of Art et au National Museum of Art, Osaka. Une pièce d’Itō Kōshō est également conservée au musée de Sèvres en France.
Ce vase montre bien ce qui fait l’originalité d’Itō Kōshō : faire de la terre elle-même, de ses réactions physiques et de ses métamorphoses, le centre de l’œuvre.
Dimensions : 26 × 18 cm.