Suivant vos coordonnées, nous vous enverrons un devis de transport.
Meuble japonais en laque et argent, 19ème siècle.
Description
Meuble japonais à tiroirs, tansu, en laque noire et laque or, montures en argent gravé au mon Shimazu (fin Edo – début Meiji, vers 1860–1880)
Ce meuble japonais à tiroirs de haute qualité, réalisé au Japon à la fin de l’époque Edo et au début de l’ère Meiji (vers 1860–1880), se distingue par une exécution rare, pensée dans ses moindres détails. Entièrement recouvert de laque urushi, il présente une laque noire profonde et brillante non seulement sur les faces visibles, mais aussi à l’arrière et à l’intérieur du meuble, jusque dans l’intérieur des tiroirs. Cette finition intégrale, réservée aux pièces de rang, atteste d’un travail d’atelier long et exigeant, caractéristique d’un mobilier japonais d’apparat.
Les ferrures, poignées et protections sont en argent (testées), entièrement gravées à la main. Les écoinçons, caches-serrures et pièces de renfort, y compris au niveau des pieds et à l’arrière, sont travaillés avec une précision d’orfèvre. Les caches-serrures portent le mon (emblème héraldique) du clan Shimazu, le maru ni jūmonji (croix droite inscrite dans un cercle), répété comme un signe d’autorité et d’appartenance. Le rythme des entrées de serrure, en partie dissimulées et intégrées au décor, ajoute une sophistication fonctionnelle peu commune dans le mobilier japonais ancien.
À l’orfèvrerie d’argent répond un décor de laque précieux : sur le fond noir se détachent des motifs stylisés en cercles, représentant une tortue minogame et une grue en vol. Dans l’iconographie japonaise, la minogame et la grue forment un couple symbolique majeur, associé à la longévité, à la prospérité, au bon augure et à la continuité du lignage. Sur une pièce marquée par un mon de grande maison, ce programme décoratif agit comme un langage visuel de prestige, de protection et de souhait de durée.
Le contexte historique renforce la lecture de cet objet : le clan Shimazu, seigneurs de Satsuma (Kagoshima), compte parmi les lignées les plus puissantes du Japon. À la charnière des années 1860–1880, période de transition entre Edo et Meiji, les commandes d’élite conjuguent la maîtrise extrême des techniques traditionnelles – ici la laque urushi et la gravure sur métal précieux – et une affirmation identitaire forte à travers l’héraldique. Ce meuble illustre avec force cette esthétique de transition, où l’artisanat atteint un sommet de raffinement.
Caractéristiques
- Type : meuble japonais à tiroirs, mobilier d’apparat
- Matériaux : laque urushi (laque noire, laque or), ferrures et poignées en argent gravé
- Décor : mon Shimazu (maru ni jūmonji), tortue minogame et grue (symboles de longévité et bon augure)
- Période : fin Edo – début Meiji (vers 1860–1880)
Dimensions : H. 76 cm – L. 66,5 cm – P. 37,5 cm.