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Suzuki Norifumi, vase à fleurs à cinq arêtes « Lueur du soir »
Description
Suzuki Norifumi, vase à fleurs à cinq arêtes « Lueur du soir »
Grand vase à fleurs en céramique par Suzuki Norifumi, de forme pentagonale élancée, construit sur cinq arêtes franches qui donnent à la pièce une présence architecturée très forte. Le tomobako porte l’inscription 五稜花器 夕映, soit « vase à fleurs à cinq arêtes, Yūbae », que l’on peut traduire par « Lueur du soir ». Ce titre convient particulièrement bien à l’œuvre, dont la surface évoque les couleurs fondues d’un ciel au couchant, avec des passages de rose orangé, de vert grisé, de brun et de gris sombre.
La force du vase tient d’abord à sa construction. La base pentagonale, très stable, élève le volume avec fermeté, puis l’ouverture supérieure s’élargit légèrement dans une ligne qui reste très tenue. Cette géométrie nette donne à la pièce une autorité immédiate. Elle est animée par une peau céramique dense et rugueuse, presque minérale, dont les reliefs, les creux et les zones irrégulières retiennent la lumière et accentuent le caractère tellurique de la forme.
Le décor repose sur des ajouts d’émail rapportés à la surface, ensuite fondus par la cuisson dans la matière même de la pièce. C’est cette fusion qui donne au vase sa qualité très personnelle. Les teintes ne sont pas simplement posées sur la terre : elles se mêlent, se diffusent et se soudent à la texture du corps céramique pour former un véritable paysage. Le résultat évoque un horizon au soleil couchant, avec des transitions chromatiques lentes et une profondeur visuelle remarquable. La lèvre volontairement irrégulière renforce encore cette impression de matière vivante.
Suzuki Norifumi (鈴木紀文, 1940-2006) appartient à la grande tradition céramique de Seto. Fils aîné de Suzuki Seisei, il suit d’abord un parcours universitaire avant de partir étudier aux États-Unis après l’obtention de son diplôme à l’Université de Shinshu. À partir de 1967, il travaille auprès de son père, puis devient céramiste indépendant en 1985. Son parcours est marqué par de nombreuses sélections dans des expositions majeures, notamment au Nitten, au Nisshin Kōten et au Nichigen Kōten. Il reçoit également plusieurs distinctions importantes, parmi lesquelles le prix Chunichi du Kōfūkai, le Prix du Ministre de l’Éducation à l’Exposition internationale Chunichi, le Prix du Gouverneur de préfecture à l’Asahi Ceramic Art Exhibition, ainsi que le Prix du Maire de Seto et le Prix du Conseil de l’Éducation à l’Exposition de la ville de Toyota.
Cette carrière montre un artiste solidement reconnu dans le paysage de la céramique japonaise de l’après-guerre. Héritier d’une grande lignée, il développe pourtant une voie personnelle, particulièrement sensible dans le traitement des glaçures, dans la vigueur des surfaces et dans la présence presque sculpturale de certaines formes. Chez lui, la construction du volume et la richesse des effets de feu prennent une importance égale, ce qui donne à ses œuvres une intensité à la fois plastique et atmosphérique.
Ce vase en est un très bon exemple. Il unit la netteté d’une forme construite, la liberté d’une lèvre laissée vivante et une surface émaillée fondue dans la matière qui lui donne une présence aussi convaincante comme vase de très grand format que comme sculpture céramique autonome.
Le vase est signé sous la base. Son tomobako d’origine est conservé ; il est signé et porte le sceau de Suzuki Norifumi.
Dimensions : hauteur env. 69,5 cm ; ouverture env. 12 à 14 cm.