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Takauchi Tsugo, né en 1937, Grand vase Oribe
Description
Description
Ce grand vase reprend l’allure d’un seau en bois cerclé (te-oke), transposé en céramique avec une présence sculpturale très affirmée. Le corps est construit en panneaux verticaux légèrement facettés, dont la surface est rythmée par des arêtes épaisses et des zones en relief, comme si la matière avait été taillée après montage. À l’épaule, deux montants encadrent une traverse horizontale, élément volontairement massif, qui renforce l’idée d’un objet assemblé plutôt que simplement tourné.
La glaçure Oribe, dense et profonde, oscille ici du vert cuivre au vert olive sombre, avec des accumulations presque noires dans les creux et des coulures franches qui descendent vers la base. Les reliefs, sinueux et nerveux, évoquent des volutes ou des vagues stylisées, mais sans décor narratif : ce sont des traces de geste, des crêtes de pâte et de glaçure qui accrochent la lumière. Sur une face, une réserve volontaire laisse apparaître un fragment brun et ocre, comme un panneau d’engobe ou de peinture sous couverte, assumé comme une rupture dans la continuité du vert.
La base est laissée plus nue, avec une terre apparente granuleuse et des dépôts de cuisson, ce qui ancre l’objet dans une esthétique de four et de matière plutôt que dans une finition lissée. L’ensemble appartient clairement à cette famille de formes puissantes et frontales qui font la signature de Takauchi : un Oribe qui ne cherche pas la délicatesse, mais la tension entre structure, épaisseur et émail.
Takauchi Shūgō (高内秀剛, né en 1937)
Takauchi Shūgō (高内秀剛, né en 1937) est né à Tokyo et s’est établi comme potier à Mashiko, dans la préfecture de Tochigi. Son parcours est atypique : il mène d’abord une vie de salarié avant de se consacrer à la céramique après une découverte décisive de Mashiko et de l’univers de Hamada Shōji, figure majeure du mouvement Mingei. Il ouvre son propre four à Mashiko en 1968, à l’âge de 31 ans, et s’inscrit rapidement dans les grandes sélections japonaises de l’après-guerre.
Ce qui le distingue, c’est son choix d’un langage inspiré de l’Oribe et du Shino, styles historiquement associés à Mino, mais réinterprétés avec une physicalité presque sculptée : parois épaisses, formes de seaux, d’auges ou de récipients assemblés, surfaces travaillées par incision et par ajouts de matière. Sa reconnaissance dépasse le Japon. Il reçoit un prix à la Biennale internationale de Vallauris et, en 1998, le Prix culturel de la préfecture de Tochigi. Ses œuvres figurent dans plusieurs collections publiques, notamment en Australie, ainsi qu’au Victoria and Albert Museum à Londres.
Dimensions
40 x 25 x 16 cm